Les berceaux


Le long du quai les grands vaisseaux
Que la houle incline en silence
Ne prennent pas garde aux berceaux
Que la main des femmes balance.

Mais viendra le jour des adieux
Car il faut que les femmes pleurent
Et que les hommes curieux
Tentent les horizons qui leurrent.

Et ce jour-là les grands vaisseaux
Fuyant le port qui diminue
Sentent leur masse retenue
Par l'âme des lointains berceaux. (2)


Poème de Sully Prud'homme
Musique: Gabriel Fauré
Interprète: Ninon Vallin (1932)

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