La Marie-Joseph

Ça nous a pris trois mois complets
Pour découvrir quels étaient ses projets
Quand le père nous l'a dit, c'était trop beau
Pour les vacances nous avions un bateau.

D'un bond d'un seul et sans hésitation
On s'documente sur la navigation
En moins d'huit jours nous fûmes persuadés
Qu'la mer pour nous n'aurait plus de secrets.

Refrain:
Encore heureux qu'il ait fait beau
Et qu'la Marie-Joseph soit un bon bateau
Encore heureux qu'il ait fait beau
Et qu'la Marie-Joseph soit un bon bateau.

Le père alors fit preuve d'autorité
- J'suis ingénieur, laissez-moi commander
D'vant le résultat on lui a suggéré
Qu'un vrai marin vienne nous accompagner
Encore heureux...

Alors j'ai dit : j'vais prendre la direction
Ancien marin, j'sais la navigation
J'commence à croire qu'c'était prématuré
Faut pas confondre "guitare" et "naviguer".

Encore heureux qu'il ait fait beau
Qu'il ait fait beau, qu'il ait fait beau
Encore heureux, encore heureux
Qu'la Marie-Joseph soit un bon bateau.

Au bout d'trois heures de notre exhibition
L'un d'nous se r'lève avec stupéfaction
Car on s'était pas beaucoup déplacé
Rapport à l'ancre qu'on n'avait pas r' montée.
Encore heureux...

Côté jeunes filles, c'était pas mal
Ça nous a coûté l'écoute de grand-voile
En la coupant Suzon dit : Je m'rappelle
Qu'un d'mes louv'teaux voulait de la ficelle.

Encore heureux qu'il ait fait beau
Qu'il ait fait beau, qu'il ait fait beau
Encore heureux, encore heureux
Qu'la Marie-Joseph soit un bon bateau.

Pour la deuxième fallait pas la laisser
Toucher la barre ou même s'en approcher
Car en moins d'deux on était vent debout
J'aime tant l'expression, disait-elle, pas vous ?
Encore heureux...

Quand finalement on a pu réparer
Alors on s'est décidé à rentrer
Mais on n'a jamais trouvé l'appontement
Car à minuit on n'y voit pas tellement.
Encore heureux...

On dit: "Maussade comme un marin breton"
Moi j'peux vous dire qu'c'est pas mon impression
Car tous les gars du côté d'Noirmoutier
Ne sont pas prêts d's'arrêter d'rigoler.

( ... turlute... )  


Paroles et musique: Stéphane Golmann (1949)
Interprètes: Les Frères Jacques


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