Mon Paris
(Ah! qu'il était beau mon village)

- 1 -
Sur le parvis de Notre-Dame
Un vieillard disait, tout attendri:
Paris, vous l'appelez Paname
Mais de mon temps, Paris c'était Paris
Traverser l'eau c'était un long voyage
Nous n'avions pas de métro ni d'autocars
Paris semblait un grand village
Qu'on était bien sur les boulevards.

Refrain
Ah! Qu'il était beau mon village
Mon Paris, notre Paris
On n'y parlait qu'un seul langage
Ça suffisait pour être compris
Les amoureux n'allaient pas
S'cacher dans les cinémas
Ayant certes beaucoup mieux qu'ça:
Y s'bécottaient sur un banc
Et les moineaux gentiment
Dans les branches en f'saient autant
Ah! Qu'il était beau mon village
Mon Paris, notre Paris.

- 2 - (Non chanté ici)
Les femmes portaient des dentelles
Et surtout d'adorables froufrous
Et quand on marchait derrière elles
Fallait deviner ce qu'il y avait par-dessous
Elles ne montraient que le bout de leurs bottines
Mais aussitôt qu'y se mettait à pleuvoir
Elles se retroussaient les coquines
Pour la pluie? non… pour se faire voir.

Refrain 2
Ah! Qu'il était beau mon village
Mon Paris, notre Paris
On n'y parlait qu'un seul langage
Ça suffisait pour être compris
On y dansait la polka
La valse et la mazurka
C'était peut-être un peu bêta
Mais la danseuse et le danseur
Y mettaient tant de candeur
Que c'était peut-être le vrai bonheur
Ah! Qu'il était beau mon village
Mon Paris, notre Paris.

- 3 -
Quand pour se donner du bien-être
On voulait respirer de l'air pur
On se mettait à sa fenêtre:
C'était moins cher que la Côte d'Azur
Et l'on faisait grimper des capucines
On aspergeait le soir tous les balcons
Et l'on disait à sa voisine:
Montrez-moi vos rhododendrons.

Refrain 3
Ah! Qu'il était beau mon village
Mon Paris, notre Paris
On n'y parlait qu'un seul langage
Ça suffisait pour être compris
On n'faisait pas du cent-vingt
On cultivait son jardin
Ou la femme de son voisin
On avait le coeur content
Et quand revenait l'printemps
Tout le monde avait vingt ans
Ah! Qu'il était beau mon village
Mon Paris, notre Paris.



Paroles: Lucien Boyer
Musique: Vincent Scotto
Interprète: Alibert (1926)

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