Les pieds de ma soeur


- 1 -
On a chanté les lis, les pâquerettes
Les boutons d'or, les frais lilas en fleurs
On a chanté les pinsons, les fauvettes,
Les rossignols et les ruisseaux jaseurs
On a chanté l'amour, la poésie
Et le ciel bleu de la belle Italie
Moi qui n'suis pas la moitié d'un farceur
J'vais vous chanter (bis) les pieds d'ma soeur.

- 2 -
Ma soeur est blonde et sa taille divine
Sa gorge est blanche et ses bras potelés
Chacun admire sa jambe ronde et fine
Sur la Vénus ses traits sont modelés
Elle est enfin la perfection même
Au même instant qu'on la connaît, on l'aime
Mais en tous lieux on s'écrie: oh malheur!
Sitôt qu'on voit (bis) les pieds d'ma soeur.

- 3 -
Je vis un jour voguant sur l'Atlantique
Deux grands vaisseaux à l'aspect imposant
Et j'admirais leurs formes magnifiques
Qui s'balançaient sur l'humide élément
Soudain devant ce spectacle grandiose
Mon coeur battit et j'en compris la cause
Car en r'gardant ces bateaux à vapeur
Ca m'rappelait (bis) les pieds d'ma soeur.

  - 4 - (Non chanté ici)
Au Sahara, ce grand désert de sable,
Ma soeur et moi nous avons voyagé
Sa compagnie m'fut toujours agréable
Et j'admirais sa grande utilité
Combien de fois sous le soleil torride
Quand, de repos, mon corps était avide
Pour m'abriter contre l'affreus(e) chaleur
J'me mis à l'ombre (bis) des pieds de ma soeur.

- 5 -
Un jour on vint la d'mander en mariage
Et j'invitai l'jeune homme à déjeuner
J'le fis asseoir près d'elle suivant l'usage
Me réjouissant d'les voir se rapprocher
Quand tout à coup, il m'dit avec surprise
Dessous la table, y'a sans doute une valise
Non que j'réponds d'un air plein de douleur
Hélas ce sont (bis) les pieds d'ma soeur.

- 6 -
Il prit la fuite et d'puis dans ma famille
Vingt soupirants sont v'nus la r'demander
Ils trouvaient tous sa taille assez gentille
Mais de ses pieds aucun n'voulait s'charger
S'il y a quelqu'un qui_a chez lui beaucoup d'place
Qu'il vienne la voir, là dans la rue d'en face
Numéro dix auprès du parfumeur
C'est là que d'meurent (bis) les pieds d'ma soeur.



Interprète: Conrad Gauthier (1930)

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