La plainte des arbres en automne

Nous avons perdu nos parures
D'émeraude au frais coloris
Nous avons perdu nos murmures
Dont le rêveur était épris
À nos rameaux privés de charmes
Le brouillard attache des larmes
Qui miroitent sous le ciel gris.

Les oiseaux faisaient leur demeure
Sous nos voûtes aux verts décors
Au printemps vibraient à toute heure
Leurs gais refrains et leurs accords
Maintenant, muets que nous sommes
Nous regardons vivre les hommes
Et nous ressemblons à des morts.

Nous attendons la rude étreinte
De l'hiver aux membres glacés
Parfois nous plions avec crainte
Sous l'effort des vents courroucés
Nos bras se tordent et s'enchaînent
Mais à souffrir nous sommes prêts
La sève est la force des chênes
Et la puissance des forêts.

Marie Sylvia     Reflets d'Opales